Différents Alibis (2018), group performance, 1h30 + Harilay Rabenjamina, Christelle Oyiri (crystallmess), Ndayé Kouagou (YBR) & Lily Hook. Fondation Lafayette Anticipations, Comment anticiperiez-vous ? #3 au sein de l’exposition Révolution de Simon Fujiwara. La performance a également été reprise à Auto Italia South East (Londres) en février 2019. 




Tarek Lakhrissi, Lily Hook, Ndayé Kouagou, Christelle Oyiri et Harilay Rabenjamina


>> Au milieu de ce qu’on appelle les Halles, un trou dans l'assiette de la ville a été creusé dans les années 70. Il y a d’abord une scène fausse, les contestations de parisiens, des garçons qui traînent, une scène de scandale, peut être une scène originelle. Il y a ensuite un big bang. La création de l’univers ou un désir d’anticiper ce qui adviendra, dans une société où tous les post auront été traversés. Un basculement vers d’autres espaces, là où l’univers ne serait plus assez grand et métamorphosé en Carte de Tendre, en Cluedo ou en archipels infinis...  Un mouvement se forme, un corps déjà transformé ou déjà weird. Au milieu de la scène première, j’ai des visions : des ancêtres dansent, dansent, dansent… Les cartes bougent, le futur apparaît autre. Et je cherche un alibi pour quitter la frontière du temps.

Les différents alibis sont des façons de prétendre à une place au monde. Quel monde ? Un monde constitué d'une association de magnétismes, de redéfinitions d'espaces et de mots par la parole ou le mouvement ou la musique. Une nouvelle manière de laisser aux émotions d'une génération née dans les années 90, une certaine vulnérabilité. Et enfin, une manière politique d'ouvrir une boîte à outils et ainsi développer des perspectives critiques. Avoir un alibi est un moyen de défense. Avoir un alibi, c'est déjà être ailleurs. Avoir un alibi, c'est contourner les règles. Et percevoir des échappées belles, des mystères à résoudre, des novlangues, des corps queers et non blancs qui lancent un appel à “ressentir” les identités comme des champs magnétiques. Ce soir, un peu comme lors d'un dîner avec une chosen family, le repas sera constitué de (peut-être) une intervention surprise, scandaleuse et improvisée, d'une performance d'Harilay Rabenjamina autour d'un groupe de R&B en pleine implosion, de lectures astrologiques dans une perspective queer et décoloniale par Lily Hook, du lancement de la revue Young Black Romantics par Ndayé Kouagou. Et enfin, last but not least, Christelle Oyiri clôturera le repas avec sa pièce Collective Amnésia. Soyez prêt.e.s pour une superbe catastrophe.





 

Different Alibis are a means of claiming a place in the world. But which world? A world composed of magnetisms; of redefinitions of spaces and words through speech, movement or music. A new way for a generation born in the 1990s to attain a certain vulnerability. And a political means of opening up a toolbox to then develop critical perspectives. To have an alibi is a means of defence. To have an alibi is to be elsewhere. To have an alibi is to circumvent the rules. To sense a way out, mysteries to solve, newspeaks, queer and non-white bodies that urge us to "feel" identities like magnetic fields. Not unlike dinner with a chosen family, this evening's meal will (maybe) include a scandalous surprise improvisation, a performance by Harilay Rabenjamina about an R&B group on the brink of implosion, astrology readings from a queer and decolonial perspective by Lily Hook, and the launch of the Young Black Romantics review by Ndayé Kouagou. Last but not least, Christelle Oyiri will end the meal with her Collective Amnesia piece. Be prepared for a superb catastrophe.





image : Jean Claude Gautrand / Lafayette Anticipations