Différents Alibis (2018), artiste-invité à organiser une soirée performance à Lafayette Anticipations - Comment anticiperiez-vous ? #3 au sein de l’exposition Révolution de Simon Fujiwara.




Tarek Lakhrissi invite Lily Hook, Ndayé Kouagou, Christelle Oyiri et Harilay Rabenjamina

Chaque mois, Lafayette Anticipations invite des artistes ou des praticien·ne·s de la culture à élaborer des propositions formelles, performatives, discursives et/ou collaboratives au cours d'une soirée. "Comment anticiperiez-vous ?" est la question posée aux invité·e·s, choisi·e·s pour la relation que leurs pratiques entretiennent avec la réflexion, l'imagination et la quête d'alternatives.

>> Au milieu de ce qu’on appelle les Halles, un trou dans l'assiette de la ville a été creusé dans les années 70. Il y a d’abord une scène fausse, les contestations de parisiens, des garçons qui traînent, une scène de scandale, peut être une scène originelle. Il y a ensuite un big bang. La création de l’univers ou un désir d’anticiper ce qui adviendra, dans une société où tous les post auront été traversés. Un basculement vers d’autres espaces, là où l’univers ne serait plus assez grand et métamorphosé en Carte de Tendre, en Cluedo ou en archipels infinis...  Un mouvement se forme, un corps déjà transformé ou déjà weird. Au milieu de la scène première, j’ai des visions : des ancêtres dansent, dansent, dansent… Les cartes bougent, le futur apparaît autre. Et je cherche un alibi pour quitter la frontière du temps.

Les différents alibis sont des façons de prétendre à une place au monde. Quel monde ? Un monde constitué d'une association de magnétismes, de redéfinitions d'espaces et de mots par la parole ou le mouvement ou la musique. Une nouvelle manière de laisser aux émotions d'une génération née dans les années 90, une certaine vulnérabilité. Et enfin, une manière politique d'ouvrir une boîte à outils et ainsi développer des perspectives critiques. Avoir un alibi est un moyen de défense. Avoir un alibi, c'est déjà être ailleurs. Avoir un alibi, c'est contourner les règles. Et percevoir des échappées belles, des mystères à résoudre, des novlangues, des corps queers et non blancs qui lancent un appel à “ressentir” les identités comme des champs magnétiques. Ce soir, un peu comme lors d'un dîner avec une chosen family, le repas sera constitué de (peut-être) une intervention surprise, scandaleuse et improvisée, d'une performance d'Harilay Rabenjamina autour d'un groupe de R&B en pleine implosion, de lectures astrologiques dans une perspective queer et décoloniale par Lily Hook, du lancement de la revue Young Black Romantics par Ndayé Kouagou. Et enfin, last but not least, Christelle Oyiri clôturera le repas avec sa pièce Collective Amnésia. Soyez prêt.e.s pour une superbe catastrophe.





image : Jean Claude Gautrand / Lafayette Anticipations