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Unfinished Sentence II (2020), 30 metal spears, chains, colour filter, loud speakers, performance. Soundtrack in collaboration with Ndayé Kouagou. Palais de Tokyo, Paris (FR). Courtesy of the artist. Photo: Aurélien Mole. 

 





Unfinished Sentence II est une installation lumineuse et sonore, qui comprend un ensemble de lances aux reflets irisés, suspendues à des chaînes. C’est à la fois un mobile ornemental et un arsenal d’armes théâtrales. Tarek Lakhrissi réalise cette œuvre après sa lecture du texte de Monique Wittig Les Guérillères. Le livre paraît en 1969 alors que se lèvent en France les mouvements de libération des femmes auxquels l’écrivaine participe activement. C’est un conte faisant le récit de la lutte d’un groupe de guerrières-amazones-féministes-lesbiennes qui assaille le « mythe de la femme » et la littérature. Elles constituent une héroïne collective – le pronom personnel féminin pluriel elles – à l’assaut du masculin général. Tarek Lakhrissi prolonge cette fable en fournissant des armes à ces « guérillères ». Aux mythologies de Monique Wittig – qui puisent autant dans les récits originels de l’Antiquité que dans la science-fiction – Tarek Lakhrissi ajoute celles de sa propre enfance : les héroïnes des séries télévisées de Buffy Contre les Vampires et Xena la Guerrière auxquelles il emprunte les formes syncrétiques de leurs lances, pieux, haches et autres chakrams. De la même manière que Monique Wittig maintient dans son conte une temporalité ambiguë, les armes fantaisistes de Tarek Lakhrissi pointent dans toutes les directions : elles oscillent avec le mouvement des visiteur-ses entre passé mythologique, futur utopique et réflexions contemporaines sur les identités queer et racisées. Le champ de bataille est aussi peut-être celui de la construction de soi. (Palais de Tokyo)