Hard to Love, video installation, 4.57', 2017

> La vidéo Hard to Love est projetée au CAC dans le cadre du prélude de la Baltic Triennale 13 à Vilnius (Lituanie) - Commissaires : Vincent Honoré / Cédric Fauq, 14/09/17 > 15/10/17 et au Palais de Tokyo le 19/10/17 à la performance de Paul Maheke SQUAD #2 avec Cédric Fauq

> The video Hard to Love is screened at the CAC for the Baltic Triennal 13 (Prelude) in Vilnius (Lithuania), a show curated by Vincent Honoré & Cédric Fauq, 14/09/17 > 15/10/17 and at le Palais de Tokyo at Paul Maheke's performance SQUAD #2



(crédits : Andrej Vasilenko)


(…) A travers des « disidentificatory spaces », un rapport fort au langage se dévoile et explique mes tentatives d’écritures : utiliser des termes, des mots français, mais imprégnés de slang, d’argot, d’anglais, d’arabe. Par exemple dans une vidéo qui se nomme « Hard to love » (« difficile d’/à aimer »), je posais la question de la difficulté à aimer une langue, une langue maternelle, considérée comme étrangère, à laquelle j’ai du mal à connecter parce que l’on parlait peu en arabe à la maison. Je fais un parallèle avec la complexité à s’aimer dans une société majoritairement blanche et capitaliste, quand on est un corps marron et que l’on veut être amoureux. Dans cette vidéo, où j’ai décidé de parler en anglais, je répète plusieurs fois la même phrase « I didn’t learn to speak … » (je n’ai pas appris à parler) où je complète la phrase par un syntagme correspondant à une langue : anglais, arabe, français, espagnol. S’ensuit alors un glissement, où je continue « I didn’t learn to talk about myself » (Je n’ai pas appris à parler de moi). Je voulais ainsi mettre en lien la difficulté de parler, dans un premier temps, la difficulté de parler en arabe, français ou en anglais, et enfin la difficulté de s’exprimer quand il s’agit de parler de soi et de certaines émotions. Cette expérimentation visuelle – où l’on voit une main qui agrippe un verre d’eau et le repose à l’infini – se voulait une manière de réfléchir à l’épuisement. L’épuisement de soi, celui de s’exprimer aussi, et cet épuisement de s’exprimer en langue étrangère. Tarek Lakhrissi





(Le film Hard to Love utilise des extraits visuels du film Comment s'en sortir sans sortir,
de Raoul Sangla, performance de Gherasim Luca, 1989, 55 min.)